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Tannhauser's Gate

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Lectures, chroniques, interviews, news, polars et romans noir, sf et fantasy


Entretien de haute volée avec un volté virevoltant tel un vélivélo survolté : Systar

Publié par Tannhauser sur 1 Septembre 2013, 14:16pm

Catégories : #Interviews, #Systar, #Alain Damasio, #La horde du Contrevent

J’avais presque oublié Systar et son superbe blog que je consultais régulièrement à une époque, mais la lecture de sa postface dans « Aucun souvenir assez solide » d’Alain Damasio me l’a rappelé avec fracas. J’ai eu envie de lui poser quelques questions, d’en savoir un peu plus sur lui, et de le faire découvrir aux lecteurs de Unwalkers.

(D’autant plus que ça me permet de rappeler la rencontre avec Alain Damasio à ne pas manquer, le vendredi 8 juin à 18h00, à la librairie Compagnie à Paris, rencontre durant laquelle nous aurons le plaisir d’assister à une discussion Damasio / Systar.)

Place à l’entretien et encore un grand merci à Systar !

 

Est-ce que vous pouvez vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ? Votre parcours, votre blog…

 

J’ai 26 ans, j’ai fait des études de lettres et de philosophie à Paris de 2002 à 2008, années au terme desquelles je suis devenu professeur de philosophie en lycée. Pendant la prépa, j’avais laissé de côté d’anciennes amours pour la science-fiction, auxquelles j’ai pu revenir en 2005, notamment par la découverte des romans de Maurice G. Dantec, achetés un peu par hasard en librairie, parce que les 4èmes de couverture de Babylon Babies et de Villa Vortex m’avaient attiré.

A ce moment-là, il y avait sur internet un certain nombre de gens cultivés qui avaient eu une bonne idée: utiliser le format et les possibilités du blog, initialement conçu pour favoriser la production de « journaux extimes » chez les adolescents, afin d’en faire un site internet à vocation littéraire, accessible et interactif. Pour me lancer, j’ai choisi la plate-forme Hautetfort en voyant ce que réussissaient à y faire, dans ce genre-là, Stalker, et bien sûr Transhumain, mais aussi quelques autres.

Comme j’avais de nombreux centres d’intérêt – la littérature « blanche », la science-fiction, mais aussi la philosophie, notamment la philosophie de la religion, et le basket-ball – et l’envie d’écrire sur tout cela à la fois, j’ai fait « Systar ». Systar est une contraction de « system » et « star », les deux concepts capitaux d’un des livres de philosophie qui m’ont le plus marqué: L’Etoile de la rédemption, de Franz Rosenzweig.

J’ai publié sur ce blog pendant quelques années, tant que j’ai eu l’impression d’avoir des choses à dire, en suivant un principe implicite: « aussitôt lu/pensé, aussitôt commenté/écrit, et publié ». A la faveur des rencontres qu’a rendues possibles ce blog, il m’est arrivé par la suite de collaborer à différents sites (Surlering, ActuSF, Actu-philosophia).

 

 

Est-ce que vous pouvez nous parler de votre rencontre avec l’oeuvre d’Alain Damasio ? Vous l’avez découvert avec « La Zone du Dehors » ou avec « La Horde du Contrevent » ?

 

J’ai découvert l’oeuvre d’Alain Damasio par La Horde du Contrevent, via un article de présentation qu’avait fait Olivier Noël. C’est un livre que je n’ai pas lu immédiatement: je l’avais emmené à la plage, une année, mais il soufflait tellement de mistral que j’avais été découragé de le lire cet été-là. J’avais rapporté l’exemplaire à la bibliothèque où je l’avais emprunté, gorgé de sable. Une lecture de La Horde rendue impossible par le vent lui-même, donc…

La véritable découverte s’est faite à Paris, vers 2006-2007. Je me rappelle d’intenses joies de lecture, éprouvées avant même toute velléité d’analyse philosophique ou stylistique, et de la puissance qui se dégageait de l’ensemble. Il a d’emblée fait partie d’un petit groupe de romans « monstrueux » que je constitue peu à peu dans ma bibliothèque, avec Villa Vortex de Dantec et La fosse de Babel d’Abellio, lus peu de temps auparavant.

 

 

Que diriez-vous à quelqu’un qui n’a pas encore lu « La Horde du Contrevent » ou « La Zone du dehors » ?

 

« C’est de la SF bien écrite. » ;-)

Sans doute aussi ce que j’ai déjà dit un certain nombre de fois en faisant découvrir la prose d’Alain Damasio à mes ami(e)s: La Horde du Contrevent est un livre qui a façonné une partie de ma vie, et qui m’a obligé à penser différemment. Je m’explique, afin ne pas paraître inutilement grandiloquent: cela n’a pas déterminé les événements concrets qui ont eu lieu ces dernières années, mais cela a donné à ceux-ci, et notamment à mes grandes amitiés (avec Transhumain et Shalmaneser, surtout), une sorte de patine, de liant supplémentaire, de couche de sens inédite.

Ma façon de penser a été influencée par ce livre, également: mon point de départ (et d’arrivée…), philosophiquement, est l’individu. Même si je n’ignore pas la vigueur des critiques, qu’elles soient métaphysiques, éthiques ou politiques, adressées à l’individualisme, je ne sais pas trop quoi faire (à part me méfier…), à titre personnel, d’un discours ou d’un livre qui ne ferait pas de place à l’individu, à sa consistance, à son identité, à sa valeur politique et morale. Si Alain m’a apporté quelque chose, c’est sans doute une re-dynamisation, ou une remise en vibration, de cette instance de l’individu: avancer peupler de tous les siens, trouver dans le sentiment du lien organique de quoi survivre à tous les effondrements possibles, trouver dans l’immanence d’une relation amicale, fraternelle, aimante, des ressources de sens et de courage, ce sont des choses que La Horde a activées en moi d’une manière inédite. Des pensées de la relation, du mouvement, il y en a depuis qu’il y a de la pensée tout court, sans doute. Mais dans La Horde, cette pensée-là vibre d’une manière bouleversante et bien particulière.

Pour La Zone du Dehors, qui est un livre beaucoup plus « démonstratif », je crois que je mettrais en avant la dimension antitotalitaire du livre (pour retrouver, du même coup, mon concept d’individu, ce grand absent des idéologies totalitaires…). Par là, je veux dire que la dénonciation des politiques totalitaires, outre sa salubrité immédiate évidente, permet toujours, en creux, de redécouvrir une pensée de l’humain, de la vie véritablement digne, de l’aptitude à tenir debout: c’est donc une manière à part entière de réfléchir, de philosopher, au moins autant qu’un acte militant. On y retrouve nécessairement une défense de la langue, comme garante de la richesse du monde vécu et de la liberté, un plaidoyer pour le singulier, et des techniques efficaces pour détecter et rejeter les formes de pouvoir mortifères et la servitude volontaire. Et dans la Zone s’ ajoutent, à ces vertus bien connues du roman antitotalitaire, quelques images persistantes, ne seraient-ce que ces fameux tigres pourpres, que je crois très riches de sens, et annonciateurs de beaucoup de moments « félins » dans les textes ultérieurs d’Alain Damasio.

 

Vos articles sur « La Horde du Contrevent » et « So phare away » sont impressionnants, je me souviens les avoir lus à l’époque, et je me souviens avoir été fasciné par la richesse de l’analyse. Je pense que vos articles et ceux du Transhumain sont les plus poussés en ce qui concerne le style et les références d’Alain Damasio. Je vais vous poser une question que je pourrais aussi poser au Transhumain : combien de temps mettez-vous pour écrire de tels articles ? Comment travaillez-vous ?

 

 

« Les plus poussés », je ne sais pas. Il y a eu énormément de choses écrites, sur et à Alain, à propos de ses livres, des interprétations très personnelles, des discussions philosophiques de très haut niveau… Simplement elles n’ont pas été diffusées. Ce que m’a révélé l’expérience du blog, c’est qu’il faut oser écrire et publier, s’entraîner. Peu importe que la pensée ne soit pas parfaite, qu’elle soit discutable (je ne suis pas certain, si je relisais tous mes articles de blog, que je les assumerais tous, sauf à les remanier de fond en comble); l’essentiel est de tenter, en cherchant toujours à dire quelque chose de vrai. A l’usage, on se découvre un petit public d’habitués, content de venir butiner dans nos articles pour faire son propre miel, et les auteurs sont parfois d’autant plus motivés à produire des récits de haute tenue qu’ils voient, par le biais de ces articles, qu’ils ont des chances d’être lus précisément, et de trouver des interlocuteurs enthousiastes et de bonne foi.

Il est vrai, ensuite, qu’en l’espace de deux ou trois années, il y a eu, pour moi-même, pour Olivier (Transhumain) et quelques autres complices, une sorte d’envie collective d’aller y voir de très près dans les romans que nous aimions, et de les commenter en ne nous interdisant absolument aucun emprunt pour élaborer nos grilles d’interprétation: philo, théologie, psychanalyse, tout était mobilisable pour parler de littérature.

Par exemple, dans les articles que vous citez, c’était pour moi une évidence d’établir un passage permanent entre le style (les techniques littéraires liées au son, aux rythmes, à la syntaxe, le choix des images…) et l’ontologie (la théorie de ce qui est, l’enquête sur la nature de ce qui est) que semble suggérer le récit. L’idée forte, c’était de suggérer que lorsqu’un roman d’imaginaire est riche, on n’est plus dans le simple divertissement, on est directement soudé au réel lui-même et invité à le penser; qu’écrire par métaphores, c’est faire quelque chose au réel lui-même (le révéler, l’enrichir, le déformer, le construire, comme on voudra).

Cela donne ces articles écrits souvent assez vite (celui sur le style dans La Horde est une version un peu étoffée d’un simple post que j’avais fait sur le forum d’ActuSF, au cours d’une de ces interminables discussions qui peuvent avoir lieu sur le « style » en SF…), dans l’énergie du moment.

Les textes publiés sur le blog, souvent, avaient une genèse assez simple: une idée apparaissait, faisait son chemin quelques jours, puis subitement je passais à l’écriture, et c’est au fil de l’écriture que, souvent, cette idée germait et en appelait d’autres. Maintenant, je suis un peu plus prudent, j’écris et je poste moins vite.

Mais la méthode était relativement simple, et je l’applique encore parfois: je prenais les moments que je préférais dans un roman, je les extrayais (souvent en les recopiant), et ensuite je me demandais ce qui avait pu relier, souterrainement, par-delà la simple narration, ces différents moments forts du roman. Là, je reconstituais une sorte d’unité du livre, composée de l’ensemble de ce que, au fil de la lecture, j’avais estimé être ses « hauteurs ». Ensuite, il y avait un travail de mise en relation avec des notions de philosophie, avec quelques problématiques littéraires bien repérées depuis mes années de dissertation littéraire, jusqu’à ce qu’émerge une hypothèse d’interprétation forte, que je suivais lors de la rédaction, tout en laissant parfois le texte « s’écrire tout seul ». Vous avez un bon exemple de ce processus dans l’article consacré aux Tours de Samarante de Norbert Merjagnan, ou dans celui portant sur Grande Jonction de Maurice G. Dantec.

 

Comment s’est décidée cette postface pour le recueil « Aucun souvenir assez solide » d’Alain Damasio ? Comment avez-vous appréhendé l’écriture de cette postface ?

 

J’ai appris, un vendredi midi, par Mathias Echenay, que c’était moi qui devais « m’y coller », alors que je venais de demander à Transhumain, deux heures auparavant: « Au fait, c’en est où, le projet de recueil d’Alain? ». Dans l’après-midi, Alain m’envoya un mail qui allait dans le même sens. Je vous laisse le soin de demander à l’auteur et à l’éditeur pourquoi leur choix s’est porté sur moi pour rédiger une postface.

L’idée était de commenter le recueil en mettant l’accent sur la présence d’éléments philosophiques. C’était intéressant, dans la mesure où les références privilégiées d’Alain Damasio ne sont pas tout à fait les miennes (monade vs nomade, pour faire vite!), et où j’ai donc eu à commencer par un petit « dépaysement » en me replongeant dans Deleuze, par exemple.

La postface a été écrite avec un sentiment d’urgence, l’envie de rendre quelque chose de convenable en temps et en heure. J’ai commencé par quelques lectures et relectures roboratives des auteurs de philosophie préférés d’Alain – Nietzsche, Deleuze, Sloterdijk… – en même temps que je découvrais, au fur et à mesure, les dix nouvelles. La lecture de philosophie pure a donné le climat général de l’écriture, et certaines grilles d’analyse importantes (même si le lecteur a échappé à des développements interminables sur la philosophie du jeu, le thème du « jeu du monde », et sur la théorie aristotélicienne du mouvement!); et chaque nouvelle, annotée dans les marges, son lot de petites remarques, parfois fécondes (le gambit, par exemple), parfois abandonnées.

Peu à peu, les deux champs – textes d’Alain, philosophes de référence – ont convergé.

Ensuite, j’ai pris la décision de parier sur l’unité du recueil, et de commenter les nouvelles dans l’ordre qui servirait le mieux la démonstration que je voulais proposer, le but de celle-ci variant parfois, au fil de l’écriture de C@PTCH@ notamment… Le risque était d’écraser l’originalité et la valeur propres à chaque nouvelle. Mais j’ai pris le parti de tenter l’exercice de conciliation entre l’unité du propos, et l’attention aux qualités propres à chaque nouvelle.

Voilà, maintenant vous savez comment, après les dix bouteilles de Bord(amasi)eaux, c’est moi qui ai le plaisir de servir au lecteur un (Syst)Armagnac…

 

 

Est-ce que c’est quelque chose que vous aimeriez refaire ? Si oui, quels sont les auteurs qui vous tenteraient ?

 

 

Oui, car c’est toujours une bonne chose de travailler, et d’écrire un peu. A fortiori quand cela donne l’occasion, pendant quelques semaines, de faire circuler à hautes intensité et vitesse les images, les concepts, les questions, comme s’il s’agissait d’une démarche universitaire.

Le commentaire est par ailleurs un exercice passionnant, et donne l’occasion à des discussions privilégiées avec l’auteur commenté. On se trouve très proche du geste créateur, on croirait presque en saisir les clés, avant de comprendre que cette proximité est trompeuse, et qu’elle ne nous révèle finalement pas ce qui fait que Damasio, par exemple, écrit du Damasio!

Les auteurs que je prendrais plaisir à commenter: sans doute Stéphane Beauverger, Norbert Merjagnan, David Calvo, Fabrice Colin, Mélanie Fazi, Jérôme Noirez… mais il me semble qu’il faudrait demander à tous ces auteurs s’ils seraient d’accord pour laisser leur oeuvre être barbouillée d’autant de jargon philosophant qu’il peut y en avoir dans le « Portrait de Damasio en aérophone »!

Je veux bien également repostfacer Damasio, mais vu son rythme d’écriture, le prochain recueil de nouvelles ne devrait être lisible que vers 2025…

 

 

Quelle est votre nouvelle préférée du recueil ?

 

 

« Sam va mieux »: à la relecture, c’est celle dont le sens et les sensations s’épanouissent le mieux, en moi. Il y a un ancrage historique, une thématisation de la ville après la « mort de Dieu », et c’est aussi l’un des textes où Alain mobilise de la manière la plus touchante ce thème de la paternité qui rend vivant. Il est très significatif de ce Damasio différent des romans que, justement, Aucun souvenir assez solide permettra aux lecteurs de découvrir, tout en maintenant l’inventivité, la générosité verbales auxquelles ils sont habitués.

Mention spéciale, également, pour la jubilation éprouvée en découvrant la « stupéfiante salve d’escarbilles de houille écarlate »…

 

 

Vous n’avez jamais été tenté d’écrire de la sf, des nouvelles ou un roman ?

 

 

Si, si, il y a un projet de roman, et quelques idées de nouvelles plus ou moins abouties… C’est une espèce de serpent de mer, en fait, qui dure depuis trois ou quatre ans. J’ai beaucoup lu pour préparer, j’ai, en gros, l’univers et l’intrigue en tête, mais ensuite il faudrait écrire réellement, et surtout être certain de la cohérence du projet.

 

 

Vous avez écrit sur Alain Damasio, sur Christopher Priest, sur David Calvo, mais aussi sur Antoine Volodine, Edmond Jabes, Pierre Michon ou Don De Lillo, quels sont les auteurs qui vous ont le plus marqué en tant que lecteur ?

 

 

Question difficile… Limitons-nous à la fiction, et à des auteurs qui m’ont donné le sentiment qu’à les lire je « grandissais », ou qui ont marqué des moments particulièrement forts et heureux. Il y a tous ceux que vous citez (Volodine, Michon, essentiels!), je peux leur associer Maurice Dantec, Raymond Abellio, Michel Houellebecq, Thomas Pynchon, mais aussi Peter Handke, Broch, Mann, Musil, Witkiewicz, Céline, Gracq (lectures qui ne sont pas encore terminées, d’ailleurs…!); en SF « pure », Frank Herbert, John Brunner, Dan Simmons, Ursula Le Guin, Norman Spinrad, Michel Jeury…

 

 

Vous avez cité quelque fois « La forêt d’Iscambe » de Christian Charrière, on m’en avait parlé il y a quelques années mais je n’ai pas pris le temps de le lire, je peux vous demander ce que vous en avez pensé ?

 

C’est un petit bijou, écrit par quelqu’un qui a fait de la fantasy sans doute sans se préoccuper du genre qu’il était en train d’aborder… Vous lirez avec ce roman des pages flamboyantes, en termes de style, vous rirez sans doute aussi. Si d’autres auteurs de fantasy français veulent tenter de prolonger la chose, avec le même niveau d’exigence stylistique, qu’ils ne se gênent surtout pas!

C’est aussi un roman que j’aime faire découvrir, il a des aspects émouvants, ne serait-ce que ce côté météoritique: « j’ai fait de la fantasy dans mon coin, à ma sauce, sans peut-être même savoir que c’était ou que ça deviendrait de la fantasy. », comparable, pour la science-fiction, à L’étoile de ceux qui ne sont pas nés, de Franz Werfel.

 

 

Est-ce que vous connaissez Fredric Jameson et ses livres « Archéologies du futur, le désir nommé utopie » et « Penser avec la science-fiction » ? Si oui, qu’en pensez-vous ?

 

J’ai lu  « Penser avec la science-fiction »  il y a trois ou quatre ans ; à l’époque, j’avais un vague projet d’essai, ou à tout le moins d’un écrit un peu ample, pour continuer la théorisation de la science-fiction, dans le sillage de quelques bons théoriciens. Le projet consistait à prendre quelques grands romans significatifs, et à demander, au fil de leur lecture: « Que signifie penser dans la forme d’un monde? Pourquoi solliciter un objet aussi gigantesque (qui d’ailleurs n’est pas un objet, mais ce qui fait qu’il peut y avoir des objets…) pour penser? Quels sont les résultats spécifiques d’une telle méthode du monde? » Le projet a été délaissé, il est resté quelques bons souvenirs de lectures préparatoires…

Le livre de Jameson m’avait plu, il m’avait donné envie de lire Dick davantage que je ne l’avais fait; je me rappelle quelques stimulantes analyses d’inspiration structuraliste. Bizarrement, Archéologies du futur attend toujours d’être lu, sur l’une de mes étagères…

Mais en fait de théorie de la SF, Jameson m’a moins marqué que Guy Lardreau, dont le Fictions philosophiques et science-fiction est passionnant, très dense, et mériterait sans doute une prolongation en forme à la fois d’hommage et de discussion serrée.

 

 

Qu’est-ce que vous lisez en ce moment ?

 

 

En roman: Le mage de John Fowles, Le temps où nous chantions de Richard Powers, La Grande Porte, de Fred Pohl.

En philosophie: Hans Blumenberg, Merleau-Ponty, Sloterdijk (mon coup de coeur de ces derniers mois!), Allan Bloom; et tout un tas de livres divers, sur la religion, le désenchantement du monde, l’histoire de l’Occident, et même Le nouvel esprit du capitalisme, de Boltanski et Chiapello, que je citerai en conclusion de votre interview pour faire plaisir à Alain Damasio!

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